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Scripto. Histoire du graphisme avant la modernité.

Ch. 6. La grammatisation

abstract

Graphic artists, graphic designers and typographers seem to have emerged alongside the ever-complex notion of modernity, or at least alongside the movement towards a more self-aware industrialisation. This is the view of Robin Kinross, historian of typography and great defender of modernity, who places the beginnings of modern typography in the 17th century. But does this mean that we cannot talk about “graphism” before the establishment of this modernity and the practice of graphic designers and typographers designated as such? This is the untimely question that Thierry Chancogne, teacher and graphic design theorist, seeks to address by attempting to identify the moments of rupture in the long history of this discipline before it was even recognised as such. With “Grammatisation” – episode 9 in this series – we will focus on the fact that writing extends and equips itself beyond its strictly logo- or phonographic signs through tools, structures and institutions.

Action de la lettre

Fig. 1 Une des œuvres les plus populaires du Moyen-Âge, Les Noces de Philologie et de Mercure, écrite vraisemblablement au ve siècle par le Carthaginois Martianus Minneus Felix Capella, est un genre de récit mythologique à vocation encyclopédique. Le texte, à la fois poétique, scientifique et littéraire, raconte les tentatives de mariage de Mercure-Hermès, messager-graphiste des dieux, protecteur des marchands, des voyageurs, des voleurs et des scientifiques. Ses approches des nymphes Sophia, « la sagesse », Manticè, « la divination » et de la belle princesse intérieure Psyché échouent pour des raisons diverses. C’est finalement Philologie, la mortelle à la curiosité lettrée insatiable1, qui sera l’élue de son cœur, mais qui devra en passer par la transformation d’apothéose divine, à l’issue de laquelle elle sera pourvue par son mari de sept demoiselles d’honneur allégoriques : Grammaire ou Litteratura, Dialectique, Rhétorique, Géométrie, Arithmétique, Astronomie, Harmonie.

Ce mariage fécond de la transmission à vocation de sagesse, de savoir, d’intellection et de l’amour de la technique graphique lettrée peut nous rappeler à la puissance de la lettre. Un pouvoir lettré que l’on pourrait appeler avec Sylvain Auroux : grammatisation ou « action de la lettre2 ». Peut-être à nouveau à la manière du geste agricole et néolithique du semeur, l’écrit se prolonge et prolifère à partir de cette « copule » linguistique à la manière du vivant. La lettrine du manuscrit médiéval est le terreau de la poussée symbolique de la plante, de la couleur, de l’ornement, de l’image et de l’imaginaire. Dans notre culture patriarcale, l’écrit, avec ses outils « pointus » virils – le pinceau ou le pencil sont des genres de pénis –, vient ensemencer un support fécond3, « large », ouvert, souvent pensé au féminin4 Fig. 2 Fig. 3

Par la suite, nous ne pouvons nous représenter « la place » [des objets, des choses] que par des métaphores. Platon en a employé plusieurs […] Le « lieu », la « place », « ce en quoi » les choses apparaissent, « ce sur quoi » elles se manifestent, le « réceptacle », la « matrice », la « mère », la « nourrice » […]5.
Jacques Derrida

La grammatisation se traduit notamment pour Sylvain Auroux par le fait que la langue se déploie en s’équipant d’outils scientifiques de représentation d’elle-même. Ainsi la grammaire décrit les règles inscrites de fonctionnement du système des signes dont le dictionnaire définit l’ensemble circonscrit. Genre de « linguistic turn » avant l’heure6, la grammatisation amène très tôt, avec « l’apparition » de l’inscrit, à penser la perception, la connaissance ou la signification comme des constructions « lettrées » du réel, et en un sens, comme une opération systématique de chiffrement linguistique de la réalité qui peut déboucher à long terme sur des entreprises d’automatisation et la notion d’information.

Par grammatisation, on doit entendre le processus qui conduit à décrire et à outiller une langue sur la base des deux technologies qui sont encore aujourd’hui les piliers de notre savoir métalinguistique : la grammaire et le dictionnaire7.
Sylvain Auroux

Par métacommunication nous entendons […] un discours sur les règles de la communication […]8.
Paul Watzlawick

Tous les philosophes linguistiques parlent du monde comme on parle d’un langage adapté. Voici ce qu’est le « tournant linguistique ». Reste à régler à quel langage, ordinaire ou idéal, les philosophes vont se fier9.
Gustav Bergmann

À plusieurs titres, il est vrai de dire que la syntaxe est de la logique mathématique, la sémantique de la philosophie ou de la philosophie des sciences, et la pragmatique, de la psychologie, mais ces champs ne sont pas en réalité tout à fait distincts10.
Frank Honywill George

Équipement de la lettre

En reprenant ou en généralisant peut-être hâtivement le concept de grammatisation défini par Sylvain Auroux, nous aimerions poursuivre la « dynamique » ou l’« activité » d’équipement de la lettre qu’il nous semble décrire. D’abord nous voudrions remarquer – sans doute en tant qu’amateur de graphisme et de typographie – que, du côté des signes de l’écrit, comme le savent tous les dessinateurs de caractères, la grammatisation se déploie également au-delà des signes valant avec plus ou moins d’économie pour les mots, les syllabes ou les sons premiers de la langue orale. Aristophane de Byzance11 est resté célèbre, entre autres, pour avoir probablement inventé les signes diacritiques de prosodie : de vocalisation, d’accentuation, de longueur de prononciation et d’aspiration – joliment appelés « esprits » – des lettres grecques Fig. 4.

Les signes de ponctuation vont également se développer pour indiquer – d’abord, comme leur nom l’indique, avec des points – les pauses plus ou moins distinctives, plus ou moins rhétoriques, les rythmes, les tonalités du discours. La ligne très inscrite et impénétrable de la scriptio continua grecque puis latine12 va bientôt se distribuer en mots, en phrases, en paragraphes graphiques Fig. 5 Fig. 6. À l’aide de points bas, médians, hauts, doubles, verticaux ou horizontaux, triples en triangle, de traits obliques dits virgules – ou petites verges –, de « simples » espacements ou blancs, de retraits, de sorties de la justification, de retours ou de sauts de ligne, on va traduire, repérer et distinguer visuellement des mots, des phrases, des parties d’un discours composé et rythmé. Ainsi sur les papyri grecs13, des παράγραφος (paragraphos) peuvent indiquer le va-et-vient des dialogues ou initier et souligner « par une saillie dans la marge14 » les parties logiques du « raisonnement », du « récit », du « (dé)compte ». Dans certains manuscrits le crochet alinéaire reprend la séparation horizontale de la paragraphos tandis que l’accolade-feston ou l’orné moucheture-trèfle soulignent verticalement, dans la marge, une partie du texte et que le cartouche plus ou moins travaillé vient l’encadrer. Le Gamma capitulaire, le délicat pied de mouche – issu de l’initiale C de la tête latine caput (chapitre) – ou parfois l’obèle (ὀβελός ou obelos, broche) – rapportée sur le tissu du texte –, peuvent entamer une nouvelle partie tandis que le κορωνίς (coronis) ou κορώνη (signe de la corneille) la conclut. Le souligné, le surligné, la manicule latine (menotte) ou (manche) peuvent attirer, dans la marge ou l’interligne, l’attention sur un passage par un trait ou une main à l’index tendu.

Parfois ces signes des « niveaux » du texte s’augmentent de couleurs signalétiques. Le rouge plutôt que le bleu ou le vert, comme l’indique la notion de « rubrique » dérivée du latin ruber (rouge). Aristophane de Byzance est aussi censé avoir inventé le ὑφέν : huphén ou trait d’union, la póstrofos signalant un mot étranger et une série de signes comme la diplè (chevron simple ou double en marge), le plus, le tiret long ou l’obèle pour marquer la citation.

Très vite, toute une galaxie de signes « réflexifs » viennent indiquer les conditions plus ou moins extérieures : la structure mais aussi les contextes, les statuts et les genres du texte ou de ses constituants. Ainsi les premiers systèmes connus sumériens et égyptiens vont-ils par une nécessité interne ajouter à leur système logographique de signes valant pour des mots, des indicateurs, des classificateurs ou des déterminants du genre, du type du mot, qui orienteront son interprétation. Ainsi va-t-on signaler les attitudes du « locuteur-auteur » à l’égard de ce qu’il dit habituellement, relayées par l’intonation de la voix et l’expression du corps : l’interrogation, l’exclamation, l’aparté… Au xvıe siècle, Gérard de Vivre15 va même adapter, pour son théâtre pédagogique, différents signes ou ornements typographiques de didascalie censés noter les manières de prononciation ou certains mouvements de scène Fig. 7.

Souvent ces signes supplémentaires peuvent assumer plusieurs fonctions. L’obèle peut aussi condamner un vers à l’origine douteuse d’athétèse16, servir d’appel de note, d’alinéa ou de correction, signaler un passage déplacé ou absent. L’astérisque peut marquer la fin du poème comme la reprise d’un vers, la réparation d’une omission, la nature authentique d’un vers, un manquement. La circonduction est un petit cartouche qui peut aussi bien séparer que rattacher un mot inscrit en interligne. La coronis peut également signaler une duplication ou une interversion de vers. Dans sa forme d’S renversé ou antisigma marqué d’un point, elle signale les répétitions et les transpositions.

Et l’on sent peut-être dans les derniers exemples que les signes de « statuts » se muent en signes ou en structures de maîtrise philologique de l’inévitable réplication et dissémination des textes. Non seulement l’appel, mais aussi la diplè, ou une quelconque lettre choisie deviennent les signes du renvoi du texte principal à son commentaire, sa glose, sa note critique, historique, explicative… Dès le ıve siècle avant notre ère, Lycurgue d’Athènes aurait établi la première version officielle des tragédies d’Eschyle, Sophocle et Euripide17. Le Musée et la Bibliothèque d’Alexandrie auraient été initiés par les Ptolémées au début du ıııe siècle en institutionnalisant tout un travail philologique et ecdotique18 de l’origine, de la conformité, qui est aussi l’établissement de la valeur hiérarchique des textes19. Le caret en forme de lambda majuscule ou minuscule vient indiquer l’emplacement de l’ajout d’une lettre, d’un mot, d’une phrase. La diplè pointée signale « un désaccord entre deux éditions » ou, comme l’exponctuation, elle propose une correction Fig. 8. Le bien nommé γράφεται (graphetai : il est écrit), formé des deux premières lettres du mot grec, initie et authentifie une variante éditoriale. Un zeta (zeteon, à rechercher) accuse un passage suspect ou une lacune. Le q quaere ou le r require, requirendum, la cryphia (demi-cercle pointé) déplorent « une difficulté [qui] ne peut être résolue20 » Fig. 9.

En plus de ces livres si importants et si nombreux, j’ai perdu ce même jour tous les livres qu’après correction j’avais écrits pour me servir d’exemplaire de base exempts d’obscurités et de fautes de graphie, de façon à faire mienne une édition fondée sur ce que j’avais découvert en plus, après avoir retravaillé les graphies pour aboutir à l’exactitude, de sorte qu’il n’y ait rien en trop ou en moins, pas même une paragraphè simple ou double, ou une coronis incorrectement placée au milieu des livres, sans parler du point ou de la virgule qui, comme tu sais, ont une importance si grande dans les livres peu clairs que celui qui leur porte attention n’a pas besoin de commentateur21.
Galien

Ce péan sert de finale, car la syllabe brève, étant incomplète, produit quelque chose de tronqué, tandis qu’il faut que la finale soit tranchée au moyen de la longue et soit bien marquée, non point par les soins du copiste, ni par le signe de ponctuation, mais par le rythme22.
Aristote

À Alexandrie […] les textes sont collectés, catalogués (pinakes), comparés. On dresse des glossaires, on compose des définitions qui se développent en commentaires. On étudie l’usage des mots chez les différents auteurs et aux différentes époques, afin de pouvoir établir les textes et les attribuer. L’ampleur de ce travail oblige à une sélection […] : d’un côté les auteurs qu’on traite (prattόmenoi), qu’on a retenus (enkrithéntes), dont on constitue les listes, de l’autre ceux qu’on a écartés (ekkrithéntes)23.
Jan Assmann

La tâche de l’éditeur […] comprend trois parties : le classement des manuscrits, le choix des leçons, la restitution conjecturale des passages altérés. La détermination de la parenté des manuscrits est le fondement de la méthode ecdotique moderne. Collationner tous les manuscrits d’un auteur, accumuler une énorme quantité de variantes puisées indifféremment à toutes les sources, puis choisir celle qui paraissait s’adapter le mieux au contexte, c’était la méthode des siècles précédents ; et elle a régné encore au commencement du nôtre. Aujourd’hui, l’on commence par classer les manuscrits par familles, par déterminer (au moyen des lacunes ou des fautes communes qu’ils peuvent présenter) quels sont ceux qui ne sont que des copies d’originaux encore existants ; et l’on ne tient compte que des manuscrits archétypes ou dérivant d’archétypes perdus24.
Salomon Reinach

Para-, péri-, inter-, trans-, méta-, hyper-texte

Cāng Jié, Cângjié, Cong Kit ou Tsang Kié dit « le clairvoyant » est l’inventeur mythique de l’écriture chinoise. Il est doté de quatre yeux ou de doubles pupilles sans doute visionnaires. Une des légendes de son invention raconte qu’un phénix, oiseau des oiseaux régnant sur les éthers légers de la spiritualité, lui aurait adressé une motte de terre toute matérielle marquée par l’empreinte d’un sabot de Pixiu, un des fils mythiques du Dragon25. Le grand inventeur voit selon la tradition à la toute fin du Néolithique – au temps de l’Empereur jaune, vers 2750 avant notre ère. Une époque au cours de laquelle la trace animale doit garder toute son importance chez les ex-chasseurs-collecteurs. Il faudra attendre Cai Yong26 et la dynastie des Han, vers 175, pour que les classiques confucéens soient gravés dans des « bibliothèques de pierre », et le ıve siècle pour que la technique de l’estampage généralise la diffusion de ces textes affichés sur des stèles dressées. Mais comment ne pas être frappé par l’étonnante concomitance de l’invention de l’in-scription et de l’idée de sa multiplication-diffusion-dissémination par la technologie « tangible » de l’impression ?

Avec la grammatisation, l’écriture au sens strict amène, comme on l’a vu27, une externalisation et une matérialisation, et par là, une conscientisation et une modélisation des logiques de l’écriture au sens étendu. C’est-à-dire que les traductions graphiques des morphologies ou des sonorités plus ou moins composées ou complètes du vouloir dire, ou de façon plus réduite, de l’oralité, rendent manifeste et apparente la dynamique fondamentale de la sémiose28 qui fait que les signes ne cessent de se reproduire, de se décaler, de se sédimenter, de se séparer dans toute une généalogie buissonnante, bourgeonnante, rhizomatique, nébuleuse, plasmatique, de milieux, de familles, de liens, de miroitements et de « différance29 ». Tout signe procède de signes en amont et produit des signes en aval. Toute écriture se fonde déjà sur des représentations, des perceptions. Derrière l’origine de notre image occidentale, il y a, par exemple, le geste de l’empreinte du masque mortuaire de l’imago romaine Fig. 10 ou la reprise byzantine mythique d’un saint Luc peignant l’apparition miraculeuse chrétienne de la Vierge à l’Enfant Fig. 11.

Ainsi la réflexion est au sens propre une multiplication miroitante des signes et un genre d’abîme, une dissémination, une prolifération. Réfléchir en lisant un texte revient un peu à placer un miroir devant un autre miroir. L’écriture peut désigner – comme on l’a dit dans notre compréhension peut-être superficielle de Jacques Derrida – le principe d’articulation plus ou moins formalisé et strict de toute langue, de tout langage, voire de toute pensée et de toute signification. En passant, pour qualifier une compréhension étendue de l’écriture, du régime de la pensée à celui de la signification, on a amené ici la question de la sémiotique telle qu’elle est posée par le philosophe logicien Charles Sanders Peirce. Citons justement Derrida utilisant Peirce, peut-être comme inspirateur, pour parler de symbole – chez Peirce un des modes les plus construits, articulés et autonomes du signe – : « […] l’enracinement génétique renvoie de signe à signe. Aucun sol de non-signification […]. La logique ne dépend plus d’une sémiotique. La logique, selon Peirce, n’est qu’une sémiotique […]. » Et de citer Peirce s’exprimant à la mode des philosophes antiques « omne symbolum de symbolo » – « Tout symbole (vient) d’un symbole ». Derrida ramène même sa fameuse « dé-construction » à « l’indéfinité du renvoi comme le critère de reconnaître qu’on a bien affaire à un système de signes30 ». Selon lui, « il n’y a pas de première insémination ni d’origine singulière : le commencement est déjà dissémination, avant laquelle il n’y a rien31 ».

Ce régime de déploiement « grammatique » de l’écriture, tout signe étant un signe de signe, toute signification étant produit et production de signification, Umberto Eco l’appelle – d’après Peirce – la « sémiose illimitée32 ». Les trois dimensions du signe parmi les plus « usuelles » que définit Peirce33 : le representamen – que nous osons qualifier à la mode de Ferdinand de Saussure34 de « signifiant », mode matériel perceptible du signe –, l’objet – ce à quoi renvoie le representamen tout en l’instituant comme tel –, l’interprétant – une forme ouverte du « signifié » à la mode saussurienne accusant peut-être, par ce même participe présent, la différance à l’œuvre, selon Derrida, dans la dynamique du bien nommé sens – sont déjà, chacun à leur manière, des modes du signe en tant qu’il est relié à d’autres signes – et déjà à la triade du signe « premier ». C’est-à-dire que ça fuit et prolifère sans fin par tous les états du signe et de l’écrit. C’est-à-dire que ça signifie en miroitements et projections par tous les modes du langage, à partir de ses dénotations les plus strictes qu’il sera possible, depuis les représentations des références qu’il saura convoquer, enfin au sujet de son expression matérielle, de ses formes, de sa composition, de ses sonorités, de ses rythmes…

Les formants stricts – autant qu’il est possible de les penser – du texte – les lettres, parfois les ponctuations, dans certains systèmes, les statuts de classification fonctionnelle du signe précisant au lecteur sur quel mode il doit être lu, par exemple phonologique ou logologique, etc. – s’accompagnent très vite d’un appareillage para-, péri-, inter-, trans-, méta-, hypertextuel. Cet outillage commence probablement, comme le souligne Auroux, avec la grammaire et le dictionnaire. Sans être sûr de la stricte chronologie de cet enchaînement, ce développement du texte peut se poursuivre dans son environnement médiat35 par tout un appareillage qui va tenter de faciliter, de gérer ou de contrôler sa réception : sommaire, foliotage, paragraphe, rubrique, titre courant, table des matières, appareil de notes, bibliographie, présentation, chroniques, critiques, glose, commentaire, citation, ordonnance, vulgate, exemplar, etc. Vient aussi toute une série de dispositifs ou de pratiques qui vont, au sein des cités et des temps, réfléchir, encadrer, contrôler et diffuser de manière plus ou moins diffuse le système du langage : maisons d’étude, de vie ou des tablettes, caste de scribes, écoles, académies, universités, mais aussi biblio- et pinacothèques, librairies, colporteurs, foires, cabinets de curiosités, musées, colloques, interviews, émissions, revues, graphistes, casernes, intellectuels, gouvernements, censeurs, grands groupes industriels, etc. Fig. 12 Fig. 13

— Qu’as-tu fait à l’école ?
— J’ai récité ma tablette, j’ai déjeuné, puis j’ai préparé ma nouvelle tablette ; je l’ai couverte d’écriture, je l’ai terminée ; puis on m’a indiqué ma récitation, et dans l’après-midi on m’a indiqué mon exercice d’écriture36
Composition littéraire concernant l’éducation d’un scribe babylonien

Prens ancre tost plume papier / Ce que nomme escry vistement / Puys fay le partout coppier37
François Villon

Il y a là une concurrence, une superposition de symboles, aussi complexe que l’est une phrase poétique qui vaut à la fois par son ton, sa structure, ses calembours, ses rythmes, sa sonorité. Tout se passe sur plusieurs plans, et c’est de l’ordre et du registre du langage38.
Jacques Lacan

Un soldat, par exemple, à l’aspect des traces qu’un cheval a laissées sur le sable, ira de la pensée du cheval à celle du cavalier, de celle-ci à la pensée de la guerre, etc. ; tandis qu’un laboureur ira de la pensée du cheval à celles de la charrue, des champs, etc. ; et chacun de nous de la sorte, suivant qu’il a l’habitude de joindre et d’enchaîner de telle façon les images des choses, aura telle ou telle suite de pensées39.
Baruch Spinoza

Le livre est la dissimulation d’une écriture illisible encore plus vieille que le livre, porteuse d’une interrogation radicale : la différance40.
Jacques Derrida

Un autre corrélat de la dynamique de la sémiose en général, et de la grammatisation en particulier, peut se retrouver dans les relations de lignée, de symbiose, d’induction, de communauté, d’interdépendances complexes qu’amène la génétique explosive du signe inscrit. Des liens, des attachements, qui peuvent aussi participer de l’outillage nécessaire du fonctionnement de l’écrit. C’est-à-dire que sous le régime général de l’écriture, le texte est toujours déjà lié originellement à d’autres textes. C’est-à-dire que le texte se pare, se structure, se cadre, s’équipe, se recommande, se complète… d’autres textes.

Le théoricien de la littérature Gérard Genette41 entame dans Palimpsestes une énumération des types de relations trans- ou hypertextuelles en commençant par la notion d’intertextualité. Comme dans le palimpseste historique, un parchemin onéreux gratté pour réinscription qui garde tout de même des traces latentes des textes effacés, l’intertextualité est chez Genette d’abord une forme de voisinage matériel censé réduire l’approche de Julia Kristeva42 en simple « coprésence entre deux ou plusieurs textes » Fig. 14. Il intègre même les notions extensives de citation, de plagiat, voire d’allusion43. On peut penser à propos de ce palimpseste intertextuel au « bloc magique » que Jacques Derrida convoque pour amener à la structure de la dissémination du signe44. Un « bloc-notes » ou une « ardoise » magiques évidemment déjà empruntés-empreintés au travail de Sigmund Freud consacré au fonctionnement psychique en général et à celui de la mémoire en particulier. Une information apparemment limitée qui s’inscrit et se propage pourtant profondément plus ou moins mystérieusement, comme l’estampage de ces feuillets inférieurs du wunderblock que le détective ou le spécialiste de la psyché peuvent révéler d’un frottement ingénieux. Et l’on pourrait penser ici aussi au fonctionnement plus récent de l’enchâssement des codes du numérique.

Genette poursuit par le genre du paratexte qu’il nuancera dans Seuils en péritexte, ou ensemble écrit-inscrit « autour du texte dans l’espace du même volume, comme le titre ou la préface, et parfois inséré dans les interstices du texte, comme les titres des chapitres et certaines notes » ; et épitexte ou « tous les messages qui se situent, au moins à l’origine, à l’extérieur du livre […] (interviews, entretiens […] correspondances, journaux intimes, et autres)45 ». Il continue avec le mode hypertextuel du métatexte critique ou commentaire distant – qui peut aussi être inscrit au sein même du support du texte par une main plus ou moins étrangère sous le régime de la marginalia. Il ne finit pas par le type plus abstrait et taxinomique de l’architextualité du statut ou du genre du texte : « Roman, récit, poème, etc. qui accompagne [le plus souvent] le titre sur la couverture » pour mettre en avant le mode de l’hypertexte soit le « texte dérivé d’un texte antérieur » par transformation et déformation : imitation, travestissement, pastiche ou parodie – et Genette de poursuivre avec le faux, la transposition, la charge, la forgerie, l’autopastiche, la suite, la continuation, le témoignage, le dénouement.

On effaçoit l’écriture de plusieurs manières. Tantôt on trempoit le parchemin dans l’eau bouillante, tantôt on le passoit à l’eau de chaux vive ; d’autres fois on grattoit le parchemin avec la pierre ponce […]46.
Hercule Géraud

Capacité illimitée de réception et de conservation de traces durables semblent donc s’exclure mutuellement pour ce qui est des dispositifs qui servent de substituts [un bloc-notes aux capacités d’inscription limitées ou une ardoise réinscriptible] ; il faut, soit renouveler le support, soit supprimer les notes. […] les dispositifs destinés à aider notre mémoire semblent être particulièrement défectueux, car notre appareil psychique sait justement réaliser ce qu’eux ne peuvent faire : il est, d’une façon illimitée, capable de recevoir des perceptions toujours nouvelles et crée néanmoins à partir d’elles des traces mnésiques qui, sans être inaltérables, sont durables. […] on trouve depuis quelque temps dans le commerce, sous le nom de bloc-notes magique, un petit instrument qui promet de donner plus de résultats que la feuille de papier ou l’ardoise. […] Si pour la séparer de la tablette de cire, on soulève l’ensemble de la feuille qui la recouvre – celluloïd et papier ciré –, l’écriture disparaît. […] La surface du bloc-notes magique est exempte de choses écrites et de nouveau apte à en recevoir. Mais il est aisé de constater que la trace durable de ce qui a été écrit a été conservé sur la tablette de cire elle-même et qu’elle peut être lue sous un éclairage approprié47.
Sigmund Freud

[…] ne réécrivez sur une tablette qu’après avoir soigneusement lissé la cire, afin qu’elle ne porte pas trace de deux écritures différentes48 !
Ovide

[…] paratexte : titre, sous-titre, intertitres ; préfaces, postfaces, avertissements, avant-propos, etc. ; notes marginales, infrapaginales, terminales ; épigraphes ; illustrations ; prière d’insérer, bande, jaquette, et bien d’autres types de signaux accessoires, autographes ou allographes, qui procurent au texte un entourage (variable), et parfois un commentaire, officiel ou officieux, dont le lecteur le plus puriste et le moins porté à l’érudition externe ne peut pas toujours disposer aussi facilement qu’il le voudrait et le prétend49.
Gérard Genette

Je voudrais préciser que je ne copie personne. Je peins dans un certain style. Ça peut être celui de Matisse, de Modigliani, ou de Picasso, ou encore de Dufy… Je ne copie pas. Je n’ai jamais copié50.
Elmyr de Hory

Le faux est un original. Ça veut dire que le faussaire emprunte des éléments à divers tableaux par exemple, et à partir de là il fabrique un tableau qui n’a pas d’original dans le corpus de l’artiste51.
Jacqueline Lichtenstein

On sait que, lors de sa prépublication en livraisons, ce roman était pourvu de chapitres évoquant la relation de chacun de ces chapitres à un épisode de l’Odyssée : « Sirènes », « Nausicaa », « Pénélope », etc. Lorsqu’il paraît en volume, Joyce lui enlève ces intertitres, d’une signification pourtant « capitalissime ». Ces sous-titres supprimés, mais non oubliés par les critiques, font-ils ou non partie du texte d’Ulysse52 ?
Gérard Genette

Dans le courant des années trente, nous (Michel Leiris et moi) avons entendu ensemble à la salle Pleyel un concert où l’on donnait l’Art de la fugue. Je me rappelle que nous avions suivi cela très passionnément et que nous nous sommes dit, en sortant, qu’il serait bien intéressant de faire quelque chose de ce genre sur le plan littéraire (en considérant l’œuvre de Bach non plus sous l’angle contrepoint et fugue, mais édification d’une œuvre au moyen de variations proliférant presque à l’infini autour d’un thème assez mince). C’est effectivement et très consciemment en me souvenant de Bach que j’ai écrit Exercices de style, et très précisément de cette séance à la salle Pleyel53
Raymond Queneau

Genette n’ira pas tout à fait jusqu’à accorder à toute littérature une forme d’hypertextualité en quelque sorte génétique. Il concédera pourtant, et nous nous en réjouissons, que l’on peut « traquer dans n’importe quelle œuvre [et nous voudrions souligner qu’une œuvre peut ne pas être seulement d’ordre strictement textuel] les échos partiels, localisés et fugitifs de n’importe quelle autre, antérieure ou postérieure54 ».

On se rappellera que l’écriture au sens strict et par exemple l’Alphabet « ’ab », en langues sémitiques le nom du père55, rend en quelque sorte manifeste la question de l’apprentissage notamment par imitation à la base, semble-t-il, de toute transmission culturelle – et l’on rappellera que toute perception active notre appareil neuronal de réplication de l’action perçue56. On a pu constater dans les variations locales du chant de certains oiseaux – par exemple des bruants à couronne blanche Zonotrichia leucophrys57 –, mais en particulier dans les différents comportement institués dans différents groupes de chimpanzés Pan troglodytes58, ce que les chercheurs ont dû appeler – au moins chez les chimpanzés – des « cultures » différentes qui s’étaient instituées – en tout cas pour ce qui concerne leur application fonctionnelle à l’utilisation d’outils et à la recherche de nourriture – par « un mélange d’imitation, d’autres formes d’apprentissage social et de découvertes individuelles59 ». La tension entre imitation des pairs, des pères, et invention personnelle semble prendre depuis longtemps l’apparence d’une querelle des anciens et des modernes.

[…] des élèves qui commencent à s’avancer et qui donnent eux-mêmes beaucoup d’espérances se bornent tout d’un coup et s’entêtent d’imiter et de faire des copies toutes pures de la manière d’un auteur particulier, en assujettissant ainsi leur génie, qui est si libre, à cette manière particulière, au lieu qu’ils devraient prendre ce qu’il y a de plus beau dans toutes les manières particulières, et se former, à l’imitation des abeilles, un suc, c’est-à-dire une beauté qui leur fut propre60.
Philippe de Champaigne

[Ce] que je nomme métatextualité, est la relation, on dit plus couramment de « commentaire », qui unit un texte à un autre texte dont il parle, sans nécessairement le citer (le convoquer), voire, à la limite, sans le nommer […]61.
Gérard Genette

J’entends par [hypertextualité] toute relation unissant un texte B (que j’appellerai hypertexte) à un texte antérieur A (que j’appellerai, bien sûr, hypotexte) sur lequel il se greffe d’une manière qui n’est pas celle du commentaire62.
Gérard Genette

Le paratexte est donc pour nous ce par quoi le texte se fait livre et se propose comme tel à ses lecteurs, et plus généralement au public. Plus que d’une limite ou d’une frontière étanche, il s’agit ici d’un seuil, ou – mot de Borges à propos d’une préface – d’un « vestibule », qui offre à tout un chacun la possibilité d’entrer, ou de rebrousser chemin63.
Gérard Genette

[…] autour du texte, dans l’espace du même volume, comme le titre ou la préface, et parfois inséré dans les interstices du texte, comme les titres de chapitres ou certaines notes : j’appellerai péritexte cette première catégorie spatiale, certainement la plus typique […]64.
Gérard Genette

[…] tout texte se construit comme mosaïque de citations, tout texte est absorption et transformation d’un autre texte. À la place de la notion d’intersubjectivité s’installe celle d’intertextualité, et le langage poétique se lit, au moins, comme double65.
Julia Kristeva

L’intertextualité, condition de tout texte, quel qu’il soit, […] est un champ général de formules anonymes, dont l’origine est rarement repérable, de citations inconscientes ou automatiques, données sans guillemets […] c’est tout le langage antérieur et contemporain qui vient au texte, non selon la voie d’une filiation repérable, d’une imitation volontaire, mais selon celle d’une dissémination […]66.
Roland Barthes

Quelles questions nous permettent de réfléchir à d’autres questions ? Quelles histoires racontons-nous lorsque nous racontons d’autres histoires ? Quels nœuds nouent d’autres nœuds ? Quelles pensées pensent les pensées ? Quelles descriptions décrivent les descriptions ? Quels liens lient des liens67 ?
Donna Haraway

Matières du texte

Il conviendrait sans doute de prolonger cette étape de notre cheminement en considérant les effets de cette grammatisation que sont la « sociologie » et la « bibliographie matérielle » des textes. C’est-à-dire, en quelque sorte, la prise en compte de la dimension active de leur présentation matérielle – de laquelle procède cet essai –, mais aussi des caractéristiques du milieu génétique – historique, idéologique, technique, sociologique, etc. – d’avènement qui a permis et conditionné cette forme éditoriale. La Bibliographie matérielle et la sociologie des textes pour reprendre le titre d’un ouvrage majeur du bibliographe Donald Francis McKenzie68 devient, selon Roger Chartier, « une discipline centrale, essentielle pour reconstituer comment une communauté donne forme et sens à ses expériences les plus fondamentales à partir du déchiffrement des textes multiples qu’elle reçoit, produit et s’approprie69 ». La grammatisation concerne en effet l’ensemble des dispositifs toujours culturels, symboliques, techniques et historicisés, de production, de transmission et de réception des textes qui vont finir par former un milieu technique de l’écriture au sens large. « Il s’agit aussi d’accepter l’idée selon laquelle la tâche du bibliographe est de montrer que les formes ont un effet sur le sens. » Fig. 15

Ce qui complique les choses, c’est que des personnes élevées dans des cultures différentes apprennent à apprendre différemment. Certains apprennent de mémoire sans référence à la « logique » telle que nous l’entendons, d’autres par démonstration […]. Certaines cultures, comme la culture américaine, insistent sur la participation, tandis que d’autres sont très peu pragmatiques. Les Japonais dirigent même la main de l’élève ce qui est en général interdit à nos professeurs [des États-Unis de la fin des années 1950]. L’éducation et les systèmes éducatifs sont chargés d’émotion et caractéristiques d’une culture au même titre que la langue elle-même […] De fait il est extrêmement difficile pour une personne qui a appris à apprendre d’une certaine façon d’apprendre autrement70.
Edward T. Hall

S’intéresser à la « grande variété » des lecteurs, c’est donc résister à la catégorie « du Lecteur » comme acteur unique et uniforme de la culture. Explorer les discontinuités entre expériences modernes et modernistes de la lecture, c’est rejeter la catégorie « du Lecteur » en tant que sujet essentialisé et anhistorique71.
Heidi Brayman Hackel

Les livres imprimés et les manuscrits conservent souvent un palimpseste de marques de lecteurs et de propriétaires, chaque inscription se disputant leur propriété, chaque ajout contribuant à l’ensemble textuel72.
Heidi Brayman Hackel

Si la matérialisation sur un support, dans une écriture et selon un protocole éditorial particulier, est ce qui rend un texte transitif, cette transitivité est régie par des normes culturelles, elles-mêmes créées et préservées par des communautés de savoir, des instances de pouvoir (temporel ou spirituel) et les médiateurs techniques en charge de la transmission (scribes, imprimeurs, correcteurs, éditeurs, libraires…)73.
Christian Jacob

Bibliographie

Ouvrages

  • ARISTOTE. Rhétorique, III, 8 (1209a21). ‹http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/Aristote/rheto3.htm#87

  • ASSMANN, Jan. La mémoire culturelle. Écriture, souvenir et imaginaire politique dans les civilisations antiques [2002]. Traduit de l’allemand par Diane Meur. Paris : Aubier, Flammarion, 2010.

  • AUROUX, Sylvain. Histoire des idées linguistiques, tome 2. Liège : Mardaga, 1992.

  • —. La révolution technologique de la grammatisation : introduction à l’histoire des sciences du langage. Bruxelles : Mardaga, 1994.

  • BERGMANN, Gustav. Logic and Reality. Madison : University of Wisconsin Press, 1964.

  • BOBICHON, Philippe. Le Lexicon. Mise en page et mise en texte des manuscrits hébreux, grecs, latins et arabes. Paris : École thématique, 2009.

  • CHANCOGNE, Thierry. Histoire du graphisme avant la modernité en trois temps et cinq mouvements. Premier temps. Avant l’écriture. Premier mouvement. Mûthos (sic). Le Havre : Franciscopolis, 2018.

  • DERRIDA, Jacques. De la grammatologie. Paris : Éditions de Minuit, 1967.

  • —. L’écriture et la différence. Paris : Seuil, 1967.

  • —. La Dissémination. Paris : Seuil, 1972.

  • ECO, Umberto. Le signe. Histoire et analyse d’un concept [1973]. Traduit de l’italien par Jean-Marie Klinkenberg. Paris : Livre de poche, 1992.

  • GENETTE, Gérard. Palimpsestes, La littérature au second degré. Paris : Seuil, 1982.

  • —. Seuils. Paris : Seuil, 1987.

  • GEORGE, Frank Honywill. The Brain as a Computer. Oxford : Pergamon Press, 1962.

  • GÉRAUD, Hercule. Essai sur les livres dans l’Antiquité : particulièrement chez les Romains. Paris : Techener, 1840. ‹https://archive.org/details/essaisurleslivre00gera/page/14/mode/2up

  • HACKEL, Heidi Brayman. Reading Material in Early Modern England. Print, Gender, and Literacy. Traduction de l’auteur. Cambridge : Cambridge University Press, 2009.

  • HARAWAY, Donna. Vivre avec le trouble. Traduit de l’anglais par Vivien García. Vaulx-en-Velin : Éditions des mondes à faire, 2020.

  • KRISTEVA, Julia. Sèméiôtikè : recherches pour une sémanalyse. Paris : Seuil, 1969.

  • LACAN, Jacques. Des Noms-du-père. Paris : Seuil, 2005.

  • McKENZIE, Donald Francis. La Bibliographie matérielle et la sociologie des textes. Traduit de l’anglais par Marc Amfreville. Paris : Électre – Éditions du Cercle de la librairie, 1991.

  • MUZERELLE, Denis. Vocabulaire codicologique. Paris : Éditions CEMI, 1985.

  • OUAKNIN, Marc-Alain. L’Alphabet expliqué aux enfants. Paris : Seuil, 2012.

  • OVIDE. L’Art d’aimer [An I]. Paris : Librairie générale française, 2020.

  • PEIRCE, Charles Sanders. Écrits sur le signe. Rassemblé, traduit de l’anglais et commenté par Gérard Deledalle. Paris : Seuil, 1978.

  • PLATON. Phèdre. Traduit du grec et commenté par Luc Brisson [1968]. Paris : Flammarion, coll. « GF ; Philosophie », 2004.

  • REINACH, Salomon. Manuel de philologie classique : d’après le « Triennium philologicum » de W. Freund, et les derniers travaux de l’érudition. Paris : Hachette, 1880.

  • SAUSSURE, Ferdinand (de). Cours de linguistique générale [1907-1910]. Paris : Payot & Rivages, 2005.

  • SPINOZA, Baruch. Éthique démontrée suivant l’ordre géométrique. Deuxième partie. De la nature et de l’origine de l’âme. Scolie de la proposition 18, 1677.

  • SHUDONG, Zhang. A General History of Chinese Printing. Taipei : XingCai Literary Foundation, 2005.

  • VILLON, François. Le Grand Testament, LXIX, 1461.

  • WATZLAWICK, Paul, Janet HELMICK BEAVIN et Don D. JACKSON. Une logique de la communication (Pragmatics of Human Communication). Traduit de l’anglais par J. Morche. Paris : Seuil, 1972.

Article ou chapitre d’une revue ou d’un ouvrage

  • ANDRÉ-SALVINI, Béatrice. L’écriture cunéiforme ou la naissance de l’écrit. In ZALI, Anne et Annie BERTHIER (dir.). L’Aventure des écritures. Naissances. Paris : Bibliothèque nationale de France, 1997.

  • AZOULAY, Vincent. Lycurgue d’Athènes et le passé de la cité : entre neutralisation et instrumentalisation, Cahiers des études anciennes, XLVI, 2009, p. 149-180. Lien

  • BOUDON-MILLOT, Véronique (dir. et aut., trad.), Alessia GUARDASOLE et Caroline MAGDELAINE. Galien, Sur l’inutilité de se chagriner. In La Science médicale antique. Paris : Beauchesne, 2007.

  • CHAMPAIGNE, Philippe (de). Contre les copistes des manières. In MÉROT, Alain (dir.). Les conférences de l’Académie royale de peinture et de sculpture. Paris : Ensba, 1996, p. 225-226.

  • FREUD, Sigmund. Notes sur le « bloc-notes magique ». In Huit études sur la mémoire et ses troubles [1925]. Paris : Gallimard, 2010, p. 134-138.

  • HALL, Edward T. The Vocabulary of Culture. In Silent Language. Traduit par l’auteur. New York : Doubleday, 1959.

  • JACOB, Christian. La carte des mondes lettrés. In GIARD, Luce et Christian JACOB (dir.). Des Alexandries, tome 1, Du livre au texte. Paris : Éditions de la BNF, 2001.

  • QUENEAU, Raymond. Préface. In Exercices de style. Édition « illustrée » par Jacques Carelman et Massin. Paris : Gallimard, 1963.

  • SIRINELLI, Jean. Un regard sur la bibliothèque d’Alexandrie, Publications de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, no 5, 1995, p. 82-93. ‹www.persee.fr/doc/keryl_1275-6229_1995_act_5_1_931

  • WHITEN, Andrew, Jane GOODALL, William Clement McGREW, Toshisada NISHIDA et al. Cultures in Chimpanzees, Nature, vol. 399, juin 1999, p. 685.

Autres

  • BOBICHON, Philippe. Lexicon, Codicologia en ligne. ‹http://codicologia.irht.cnrs.fr/recherche›

  • LICHTENSTEIN, Jacqueline. Le faux en art. Adèle Van Reeth (prod.), Les chemins de la philosophie, France Culture, 14 novembre 2013. ‹www.franceculture.fr/emissions/les-nouveaux-chemins-de-la-connaissance/ressemblances-et-faux-semblants-44-le-faux-en-art›

  • PAILHE, Dimitri. Elmyr de Hory. Le Faussaire du siècle, Arte France et Bellota Films, 2016.